L'obésité est une maladie : ce que ça change quand on veut en sortir

L'obésité résumée en quelques points :

  • L'obésité est une maladie chronique, reconnue comme telle par l'OMS depuis 1997 : une altération du tissu graisseux et des circuits de la faim, pas un défaut de caractère.

  • Elle touche 18 % des adultes en France, près de dix millions de personnes, et sa fréquence a plus que quadruplé chez les 18-24 ans en vingt ans.

  • Ses causes sont multiples et s'additionnent : génétique, sommeil, stress, médicaments, événements de vie, précarité, environnement alimentaire. « Manger trop et bouger peu » est la conséquence autant que la cause.

  • Les régimes échouent dans 80 % des cas à un an et 95 % à cinq ans, d'après l'ANSES. Ce n'est pas vous qui échouez, c'est la méthode.

  • Le parcours de soins existe : médecin traitant, équipes spécialisées, 42 centres spécialisés de l'obésité, et depuis le 15 juin 2026 des médicaments remboursés après échec de la prise en charge nutritionnelle.

  • Perdre 5 à 10 % de son poids suffit déjà à améliorer la tension, le sommeil, les douleurs et le sucre dans le sang.

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Dans cet article :

J'ai pris près de 40 kg en quatre ans.

Pas en mangeant des pizzas devant la télé : en sortant de trois opérations de la colonne vertébrale, en fauteuil roulant, avec des douleurs qui ne s'arrêtaient jamais et un traitement antalgique lourd.

Plus je prenais du poids, plus j'avais mal, et plus j'avais mal, moins je bougeais.

Infirmière de métier, je connaissais la théorie de l'obésité. Je n'avais rien compris à la maladie avant d'être dedans.

Cet article est celui que j'aurais voulu lire à ce moment-là.

Ce qu'est l'obésité, médicalement, sans les raccourcis.

Pourquoi elle arrive, et pourquoi la volonté n'y suffit pas.

Ce que les idées reçues coûtent aux personnes qui la vivent.

Comment elle se soigne aujourd'hui en France, avec un parcours de soins qui existe vraiment (je l'ai suivi), et par où recommencer quand vous avez l'impression d'avoir déjà tout essayé.

Il est écrit pour les patients et pour leurs proches, avec les chiffres de l'OMS, de l'Inserm, de l'ANSES et de la Haute Autorité de santé.

L'obésité, c'est quoi : la définition médicale et la réalité

L'Organisation mondiale de la santé définit l'obésité comme une maladie chronique et récurrente, résultant d'interactions complexes entre la génétique, la neurobiologie et les comportements alimentaires.

Le mot qui compte est « chronique » : comme une hypertension ou un diabète, elle se traite et se stabilise, elle ne se « guérit » pas en trois mois de régime, et elle revient quand on arrête de la traiter.

Le repère chiffré, c'est l'IMC, le poids en kilos divisé par la taille en mètres au carré.

Le tableau donne les seuils utilisés par l'Inserm et par la Haute Autorité de santé, avec ce que chaque palier change dans le parcours de soins.

Les seuils de l'IMC chez l'adulte et ce qu'ils changent dans le parcours de soins
IMCCe que ça veut direCe que ça ouvre
18,5 à 25Poids dit « normal »Rien de particulier.
25 à 30SurpoidsPrise en charge par le médecin traitant. Wegovy et Mounjaro autorisés à partir de 27 avec une maladie associée, non remboursés.
30 à 35Obésité modérée (classe 1)Parcours de soins avec diététicien, psychologue, activité physique adaptée. Médicaments autorisés, non remboursés.
35 à 40Obésité sévère (classe 2)Orientation possible vers une équipe spécialisée ou un CSO. Médicaments remboursés à 65 % avec une maladie associée, après six mois de prise en charge. Chirurgie possible avec complications.
40 et plusObésité massive (classe 3)CSO. Médicaments remboursés après six mois de prise en charge. Chirurgie possible après parcours.

L'IMC a ses limites, et les médecins les connaissent : il ne distingue pas le muscle de la graisse, il ne dit pas où la graisse se loge, et un tour de taille au-dessus de 100 cm chez un homme ou de 88 cm chez une femme pèse plus lourd pour la santé qu'un IMC.

C'est pour cela que le diagnostic d'obésité se pose en consultation, avec la mesure, l'histoire du poids, les maladies associées et le retentissement sur la vie quotidienne, et pas sur une calculatrice.

Ce que l'IMC ne dit pas non plus, c'est que l'obésité est une maladie du tissu graisseux lui-même.

L'Inserm parle d'une altération de la structure et de la fonction de ce tissu, qui se met à fonctionner comme un organe malade : il s'enflamme, il dérègle les hormones de la faim et de la satiété, il résiste à la perte de poids.

Voilà pourquoi une personne en situation d'obésité qui mange comme une personne mince ne retrouve pas le poids d'une personne mince. Son corps ne joue pas avec les mêmes règles.

En France, l'obésité concerne 18 % des adultes, soit près de dix millions de personnes, et 22 % en outre-mer.

Chez les 18-24 ans, elle est passée de 2,1 % en 1997 à 9,2 % en 2020.

Ce n'est pas une génération qui a perdu sa volonté en vingt ans. C'est un environnement qui a changé.

Pourquoi l'obésité arrive : ce que la balance ne montre pas

Si l'obésité se résumait à « trop de calories, pas assez de sport », elle se réglerait avec une paire de baskets et des légumes verts.

Elle ne se règle pas aussi simplement, parce que les causes s'empilent, et que la plupart ne se voient pas dans l'assiette.

La génétique d'abord.

D'après l'Inserm, une personne a deux à huit fois plus de risque de développer une obésité si des membres de sa famille en sont atteints, et plus d'un millier de régions du génome sont impliquées. Personne ne choisit ses gènes de la faim.

Le sommeil ensuite : dormir trop peu, travailler de nuit, manger à des heures irrégulières dérègle les hormones qui commandent l'appétit.

Le stress chronique fait de même.

Certains médicaments font grossir, et c'est écrit dans leur notice : des antidépresseurs, des corticoïdes, des traitements du diabète, des antipsychotiques.

Le microbiote intestinal, les polluants et certains pesticides sont étudiés pour leur rôle.

La précarité pèse également : quand le budget est serré, les calories les moins chères sont les plus denses, et le temps de cuisiner manque.

Et puis il y a les événements de vie, ceux qui font basculer un poids stable en quelques mois : une grossesse, un deuil, un burn-out, une dépression, une blessure, une opération, un arrêt du tabac.

Dans mon cas, une hernie discale, une opération en urgence, puis deux autres.

Du jour au lendemain, plus de travail, plus de marche, plus de sommeil correct, un traitement contre la douleur, et un cercle vicieux qui s'est refermé en quatre ans.

Aucune de ces causes n'est une excuse. Chacune est une réalité médicale, et un traitement qui n'en tient pas compte échoue.

Les causes de l'obésité : génétique, sommeil, stress, médicaments, événements de vie, précarité, environnement alimentaire

Les idées reçues sur l'obésité, démontées une par une

Les idées reçues ne sont pas qu'agaçantes ou culpabilisantes.

Elles retardent le diagnostic, elles font renoncer aux soins, et elles fabriquent de la honte, qui fait manger.

Trois d'entre elles méritent d'être regardées en face.

« L'obésité, c'est juste la malbouffe et le canapé »

L'alimentation et la sédentarité comptent, évidemment.

Mais elles sont souvent la conséquence de ce qui précède autant que la cause : on mange plus quand on dort mal, quand on souffre, quand on est stressé, quand on prend certains médicaments, et on bouge moins quand on a mal ou quand on a honte d'aller à la piscine.

L'OMS elle-même, après avoir posé le déséquilibre entre apports et dépenses, ajoute que l'obésité relève de causes multiples, d'environnements obésogènes et de facteurs psychosociaux.

Réduire la maladie à la sédentarité et à l'alimentation c'est soigner le symptôme et délaisser la cause.

« Il suffit d'un peu de volonté et d'un bon régime »

C'est l'idée reçue la plus coûteuse, parce qu'elle a été testée des millions de fois.

D'après l'ANSES, la reprise de poids après un régime est quasi systématique : 80 % des cas à un an, 95 % à cinq ans.

Le corps répond à la restriction en baissant sa dépense de repos et en augmentant les hormones de la faim, et il garde cette réponse longtemps après la fin du régime.

Chaque régime perdu n'est pas une preuve de faiblesse, c'est une preuve que le corps défend son poids.

J'ai consacré un article entier à pourquoi les régimes ne marchent pas, et à ce qu'on fait à la place.

« Les personnes obèses ne font pas d'efforts »

Les personnes en situation d'obésité ont souvent derrière elles plus de régimes que quiconque.

Elles ont essayé, encore et encore, avec une maladie qui rend chaque essai plus difficile.

Ce jugement a un nom, la grossophobie, et il a des conséquences médicales : des consultations évitées par peur de la remarque, des diagnostics retardés, des symptômes attribués au poids sans examen.

Le guide du parcours de soins de la Haute Autorité de santé demande explicitement aux soignants une prise en charge sans stigmatisation.

Si vous avez déjà renoncé à un rendez-vous par peur d'être jugé, vous n'êtes pas seul, et ce n'est pas vous le problème.

Trois regards sur l'obésité : médical, nutritionnel, psychologique

Ce qui m'a le plus frappée en entrant dans un centre spécialisé, c'est qu'on ne m'a pas parlé de calories le premier jour.

On m'a parlé de mes douleurs, de mon sommeil, de mon histoire.

L'obésité se lit à trois niveaux, et un traitement qui n'en regarde qu'un échoue.

Le regard médical cherche les causes traitables et les complications : une thyroïde, un médicament qui fait grossir, une apnée du sommeil, une hypertension, un diabète qui s'installe.

Le regard nutritionnel ne compte pas les calories, il regarde le rythme des repas, les sensations de faim et de satiété, les carences, le budget, et il reconstruit une alimentation tenable à vie, pas un régime de six semaines.

Le regard psychologique s'occupe de ce qui pousse à manger sans faim : l'ennui, le stress, les chocs, les habitudes d'enfance, et parfois un trouble du comportement alimentaire, qui se diagnostique et se soigne, et qu'aucun régime ne règle.

Un quatrième regard traverse les trois : celui de l'activité physique adaptée, qui n'est pas « faire du sport » mais réapprendre à bouger avec un corps qui a mal, à son rythme, avec quelqu'un dont c'est le métier. J'y reviens dans l'article sur l'activité physique adaptée dans l'obésité.

Comment l'obésité se soigne en France : le parcours de soins, du médecin traitant au CSO

Le parcours existe, il est gratuit ou remboursé pour l'essentiel, et il est organisé en trois niveaux par la Haute Autorité de santé. Le tableau résume qui fait quoi.

Le parcours de soins de l'obésité en France : trois niveaux
NiveauQuiPour qui, et pour quoi
Premier recoursMédecin traitant, diététicien, psychologue, enseignant en activité physique adaptée de villeDiagnostic, bilan des causes et des complications, premiers objectifs, orientation. C'est la porte d'entrée, pour tout le monde.
Deuxième recoursMédecins spécialistes (endocrinologue, nutritionniste), équipes pluridisciplinaires de proximité, réseaux et structures d'obésitéObésité sévère ou qui résiste au premier niveau, complications à explorer, coordination du suivi.
Troisième recoursLes 42 centres spécialisés de l'obésité (CSO), adossés à des hôpitauxObésité sévère ou complexe : bilan complet, programme pluridisciplinaire, éducation thérapeutique, décision de traitement médicamenteux, réunion de concertation pour la chirurgie.

Les 42 centres spécialisés de l'obésité, en métropole et en outre-mer, assurent les soins dits « de troisième recours » pour l'obésité sévère ou complexe, avec une équipe complète : médecin, diététicien, psychologue, enseignant en activité physique adaptée, kinésithérapeute, et chirurgien quand la question se pose.

On y entre sur orientation de son médecin traitant, et la liste des CSO et des médecins habilités par département est sur ce site.

Le détail du parcours, étape par étape, est dans l'article sur le parcours en centre spécialisé de l'obésité.

Je suis entrée au CSO du CHU de Montpellier en novembre 2024, puis au centre Aurores Méditerranée, pour un programme intensif : diététicienne, psychologue, activité physique adaptée, kiné, médecin.

Au bout de six mois, je n'avais pas perdu un gramme. Je le dis parce que c'est important : ce n'était pas un échec du parcours, c'était l'étape qui a permis la suivante.

C'est précisément parce que cette prise en charge bien conduite n'avait pas suffi que le traitement médicamenteux devenait légitime.

Les médicaments sont la marche d'après, pas la première.

Depuis le 15 juin 2026, le Wegovy et le Mounjaro sont remboursés à 65 % pour les adultes dont l'IMC atteint 40, ou 35 avec une maladie associée, après l'échec d'une prise en charge nutritionnelle d'au moins six mois.

Ils font perdre 10 à 25 % du poids selon l'Inserm, ils se prennent sur la durée, et ils s'accompagnent du reste du parcours, jamais à sa place.

J'ai commencé le Wegovy en juin 2025, à mes frais, puis le Mounjaro en juin 2026 : mon IMC est passé de la case « obésité » à la case « surpoids ».

La chirurgie reste l'option pour les obésités les plus sévères, à partir d'un IMC de 40 ou de 35 avec complications, après un parcours en CSO.

Pourquoi vouloir sortir de l'obésité : la santé, l'image de soi et la vie de tous les jours

On ne sort pas de l'obésité pour rentrer dans son jean préféré.

On en sort parce que la maladie abîme tout.

L'Inserm attribue au surpoids et à l'obésité 44 % des diabètes de type 2, 23 % des maladies cardiovasculaires et jusqu'à 41 % de certains cancers, et il compte près de 200 complications possibles : apnée du sommeil, arthrose, foie gras, reins, infertilité, dépression.

La bonne nouvelle est chiffrée elle aussi : perdre 5 à 10 % de son poids suffit à améliorer nettement la tension, le sucre dans le sang, le sommeil et les douleurs articulaires.

Pas besoin d'atteindre un IMC de 25 pour aller mieux.

Pour moi, ça a été, dans l'ordre : plus d'apnée du sommeil, plus d'hypertension, plus de fauteuil roulant, et la salle de sport cinq fois par semaine, moi qui ne tenais ni debout ni assise.

Et quelque chose qui ne se mesure pas : me regarder à nouveau dans une glace sans détourner les yeux.

Il y a aussi ce qu'on ne dit pas assez aux patients : les proches ne comprennent pas toujours, et parfois ils s'opposent au traitement.

C'est un sujet à part entière, que j'ai traité dans l'article sur ce qu'on fait quand son conjoint est contre le Wegovy ou le Mounjaro.

Comment sortir de l'obésité quand on a l'impression d'avoir tout essayé

Si vous lisez cette page, vous avez probablement déjà essayé beaucoup de choses.

Des régimes, des applications, des abonnements, des promesses.

Voici ce qui change quand on traite l'obésité comme la maladie qu'elle est, dans l'ordre où je le referais.

Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour parler d'obésité, pas de « quelques kilos ».

Demandez un bilan : thyroïde, sucre dans le sang, foie, apnée du sommeil, et la liste de vos médicaments passée au crible de ceux qui font grossir.

Demandez une orientation vers une équipe spécialisée ou un centre spécialisé de l'obésité si votre IMC dépasse 35, ou 30 avec des complications : c'est votre droit, et le Collectif national des associations d'obèses peut vous aider à trouver la porte d'entrée dans votre région.

Arrêtez les régimes, au sens strict : plus de restriction chiffrée décidée seul.

Un diététicien de parcours reconstruit avec vous une alimentation que vous pourrez tenir dans dix ans, pas dans dix semaines.

Soignez le sommeil et la douleur, parce que sans ça, rien ne tient.

Reprenez le mouvement avec un professionnel de l'activité physique adaptée, qui saura par où commencer quand marcher fait mal.

Acceptez le psychologue du parcours, même si vous pensez que « ce n'est pas dans la tête » : l'obésité n'est pas dans la tête, mais la tête fait partie du traitement.

Et si, après six mois de prise en charge bien conduite, le poids n'a pas bougé, ce n'est pas la fin : c'est le moment où un traitement médicamenteux ou, pour les obésités les plus sévères, une chirurgie entrent dans la discussion, avec l'équipe qui vous suit. Le tout, c'est de ne plus jamais recommencer seul.

Sortir de l'obésité : les étapes du parcours, du médecin traitant au traitement médicamenteux ou chirurgical

Ce qu'il faut retenir à propos de l'obésité :

  • L'obésité est une maladie chronique du tissu graisseux et des circuits de la faim, reconnue par l'OMS, qui touche 18 % des adultes en France.

  • Ses causes s'additionnent : génétique, sommeil, stress, médicaments, événements de vie, précarité. La volonté n'est pas un traitement.

  • 80 % des régimes échouent à un an, 95 % à cinq ans : le corps défend son poids, et la restriction seule le renforce.

  • Le parcours de soins a trois niveaux, jusqu'aux 42 centres spécialisés, avec médecin, diététicien, psychologue et activité physique adaptée ; les médicaments remboursés viennent après six mois de prise en charge.

  • Perdre 5 à 10 % de son poids améliore déjà la santé. On n'en sort pas seul, et on n'a pas à le faire.


Vos questions sur l'obésité

L'obésité est-elle une maladie ou pas ?

Oui. L'Organisation mondiale de la santé la reconnaît comme une maladie depuis 1997 et la définit aujourd'hui comme une maladie chronique et récurrente, résultant d'interactions complexes entre la génétique, la neurobiologie et les comportements alimentaires. En France, l'Inserm la décrit comme une altération de la structure et de la fonction du tissu graisseux, et la Haute Autorité de santé a organisé un parcours de soins spécifique. Ce n'est ni un choix ni un défaut de volonté.

Quelle est la définition de l'obésité selon l'OMS ?

Chez l'adulte, l'OMS retient un IMC égal ou supérieur à 30 pour l'obésité et à 25 pour le surpoids, l'IMC étant le poids en kilos divisé par la taille en mètres au carré. Elle précise que l'obésité est une maladie chronique aux causes multiples, où l'environnement et les facteurs psychosociaux comptent autant que le déséquilibre entre ce que l'on mange et ce que l'on dépense.

Quels sont les types d'obésité ?

Par degré, on distingue l'obésité modérée (IMC de 30 à 35, classe 1), sévère (35 à 40, classe 2) et massive, parfois dite morbide (40 et plus, classe 3). Par localisation, l'obésité abdominale, mesurée au tour de taille (plus de 100 cm chez l'homme, 88 cm chez la femme), est la plus liée aux complications cardiaques et métaboliques. Il existe aussi de rares obésités génétiques, dites monogéniques, qui se diagnostiquent en centre spécialisé.

Quelles sont les principales causes de l'obésité ?

Elles s'additionnent : une prédisposition génétique (le risque est multiplié par deux à huit quand des proches sont concernés), le manque de sommeil et le travail de nuit, le stress chronique, certains médicaments comme des antidépresseurs ou des corticoïdes, les événements de vie (grossesse, deuil, dépression, immobilisation après une opération), la précarité, et un environnement alimentaire riche en produits denses et bon marché. L'alimentation et la sédentarité sont souvent la conséquence de ces facteurs autant que leur cause.

Quelle maladie peut provoquer l'obésité ?

Certaines maladies favorisent la prise de poids et se recherchent au bilan : une hypothyroïdie, un syndrome des ovaires polykystiques, un excès de cortisol (syndrome de Cushing), une dépression, une apnée du sommeil non traitée, et certaines maladies génétiques rares. Des traitements aussi : antidépresseurs, antipsychotiques, corticoïdes, certains médicaments du diabète. C'est pour cela qu'une consultation pour obésité commence par un bilan, pas par un régime.

L'obésité est-elle héréditaire ?

En partie. D'après l'Inserm, une personne dont des membres de la famille sont en situation d'obésité a deux à huit fois plus de risque de l'être, et plus d'un millier de régions du génome sont impliquées. L'hérédité ne décide pas de tout : elle rend le corps plus sensible à un environnement qui pousse à la prise de poids. On n'hérite pas de l'obésité comme d'une couleur d'yeux, on hérite d'une vulnérabilité.

Peut-on guérir de l'obésité ?

On la traite et on la stabilise, comme une hypertension ou un diabète, plutôt qu'on ne la guérit. Une perte de 5 à 10 % du poids améliore déjà nettement la tension, le sucre dans le sang, le sommeil et les douleurs. Une perte plus importante, avec un traitement médicamenteux ou une chirurgie, peut faire sortir de la zone d'obésité. Dans tous les cas, le suivi continue après, parce que le corps garde sa tendance à reprendre du poids quand le traitement s'arrête.

Pourquoi les régimes ne font-ils pas sortir de l'obésité ?

Parce que le corps se défend. D'après l'ANSES, la reprise de poids après un régime touche 80 % des personnes à un an et 95 % à cinq ans : la restriction fait baisser la dépense d'énergie au repos, augmente les hormones de la faim et fait perdre du muscle, et ces effets persistent après le régime. Un parcours de soins remplace la restriction par une alimentation tenable, de l'activité physique adaptée, un travail sur les causes, et si besoin un traitement.

Quelle est l'espérance de vie d'une personne obèse ?

Elle dépend du degré d'obésité, de l'âge et des complications présentes : diabète, hypertension, apnée du sommeil, maladies du cœur. L'Inserm attribue au surpoids et à l'obésité 44 % des diabètes de type 2 et 23 % des maladies cardiovasculaires, et l'OMS compte au moins 2,8 millions de décès par an dans le monde liés à ces causes. La bonne nouvelle est que le risque recule dès que le poids baisse de 5 à 10 % et que les complications sont traitées : l'espérance de vie n'est pas figée par un chiffre sur la balance.

L'obésité est-elle reconnue comme une affection de longue durée ou un handicap ?

Il n'existe pas d'affection de longue durée spécifique à l'obésité, mais ses complications (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, apnée sévère) peuvent en relever, et une prise en charge « hors liste » peut être demandée par le médecin traitant pour une forme sévère. Une reconnaissance par la MDPH est possible au cas par cas, quand l'obésité entraîne une limitation durable de la mobilité ou de l'activité. Dans les deux cas, c'est le médecin traitant qui monte le dossier.

Par où commencer quand on a l'impression d'avoir tout essayé contre l'obésité ?

Par une consultation où l'on parle d'obésité, pas de « quelques kilos » : bilan des causes et des complications, revue des médicaments qui font grossir, et demande d'orientation vers une équipe spécialisée ou un centre spécialisé de l'obésité si l'IMC dépasse 35, ou 30 avec des complications. Ensuite, arrêter les régimes décidés seul, soigner le sommeil et la douleur, reprendre le mouvement avec un professionnel de l'activité physique adaptée, et accepter le psychologue du parcours. Si le poids ne bouge pas après six mois de prise en charge, un traitement médicamenteux remboursé ou une chirurgie entrent dans la discussion.

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