Qu'est ce qu'un parcours de soins en CSO (Centre Spécialisé Obésité) ?
En France, l'obésité se soigne dans un parcours de soins organisé par la Haute Autorité de santé en trois situations, de la plus simple à la plus complexe, avec le médecin traitant comme chef d'orchestre.
Les 42 centres spécialisés de l'obésité (CSO) sont le troisième niveau de recours, réservé à l'obésité sévère ou complexe. Toutes les régions en comptent au moins un, Corse et Guyane comprises depuis la création de cinq nouveaux centres. On y entre sur orientation d'un médecin.
Dans un CSO, une équipe complète travaille avec vous : médecin, diététicien, psychologue, enseignant en activité physique adaptée, kinésithérapeute, infirmier, et chirurgien si la question se pose. En hôpital de jour, tout est pris en charge par l'Assurance maladie.
Le parcours se réévalue au bout de six à douze mois. Si le poids n'a pas bougé, un traitement médicamenteux remboursé ou une chirurgie entrent dans la discussion, avec l'équipe.
J'y suis passée : six mois d'hôpital de jour au CSO de Montpellier sans perdre un gramme, et c'est pourtant ce parcours qui m'a permis de sortir de l'obésité.
Quand on a passé quinze ans à enchaîner les régimes, l'idée qu'il existe un endroit où l'on soigne l'obésité comme on soigne un diabète ou une insuffisance cardiaque paraît presque irréelle.
Il existe pourtant, il s'appelle centre spécialisé de l'obésité, il y en a 42 en France, et la plupart des personnes concernées n'en ont jamais entendu parler (moi la première, avant qu'un médecin ne prononce ces trois lettres, CSO, dans son cabinet).
Je suis infirmière diplômée d'État, et j'ai pris près de 40 kg en quatre ans après trois opérations de la colonne vertébrale.
En novembre 2024, je suis entrée au CSO du CHU de Montpellier, et j'y ai suivi un programme complet en hôpital de jour jusqu'en juin 2025.
Cet article vous explique comment fonctionne le parcours de soins de l'obésité en France, qui peut entrer dans un CSO, ce qu'on y fait concrètement, ce que l'Assurance maladie rembourse, et ce qui se passe quand, comme moi, six mois de prise en charge ne font pas bouger la balance.
Si vous avez d'abord besoin de comprendre pourquoi l'obésité est une maladie et pas un manque de volonté, commencez par l'article sur l'obésité comme maladie chronique, puis revenez ici.
La Haute Autorité de santé a publié un guide du parcours de soins du surpoids et de l'obésité de l'adulte, mis à jour en février 2024, qui organise la prise en charge selon la complexité de la situation, pas seulement selon le chiffre de l'IMC.
Une obésité avec un IMC de 33 sans complication ne se soigne pas au même endroit qu'une obésité avec un IMC de 33, une apnée du sommeil, une dépression et trois régimes ratés derrière soi.
Dans tous les cas, le médecin traitant reste au centre : c'est lui qui dépiste, qui fait le bilan, qui construit le projet de soins avec vous et qui oriente vers les autres professionnels quand la situation le demande.
Ce tableau résume les trois situations décrites par la HAS et ce qu'elles changent :
| Situation | Qui vous suit | Rythme du suivi |
|---|---|---|
| Non complexeIMC de 25 à 35, sans complication | Le médecin traitant | Tous les mois pendant six mois |
| ComplexeIMC de 35 et plus, ou complications, échecs, trouble alimentaire, difficultés sociales | Le médecin traitant et un spécialiste de l'obésité ou un CSO | Au moins tous les mois pendant un à deux ans |
| Très complexeIMC de 40 et plus avec handicap, ou maladie aggravée par l'obésité | L'équipe d'un CSO, avec le médecin traitant | Au moins tous les mois, à vie |
Ce que chaque situation ouvre change aussi.
Dans une situation non complexe, la HAS recommande des séances d'éducation thérapeutique si possible mensuelles pendant six à douze mois, avec selon les besoins un diététicien, un enseignant en activité physique adaptée ou un psychologue.
Dans une situation complexe, l'éducation thérapeutique devient personnalisée, les complications sont traitées, un kinésithérapeute ou un ergothérapeute entre dans l'équipe, et des séjours courts et répétés en établissement de rééducation deviennent possibles.
Dans une situation très complexe, on traite d'abord les maladies associées, le séjour hospitalier est souvent long, l'équipe travaille sur l'adaptation du domicile et du poste de travail, monte un dossier MDPH quand c'est justifié, et se réunit en concertation pour ajuster le plan de soins.
Retenez surtout la logique : plus la situation est complexe, plus l'équipe s'élargit et plus le suivi se rapproche, jusqu'à devenir mensuel et à vie.
Et à chaque étage, la HAS demande la même chose au médecin : réévaluer la situation au bout de six à douze mois, et ne pas laisser une personne seule face à des objectifs qu'elle n'atteint pas.
À cette gradation des situations répond une gradation des soins, en trois niveaux, que le groupement national des CSO détaille.
Le niveau 1 est celui de la proximité : médecin généraliste qui coordonne, diététicien, infirmier, pharmacien, psychologue, enseignant en activité physique adaptée, kinésithérapeute, travailleur social, médecin du travail.
Le niveau 2 est celui du médecin spécialiste de l'obésité, en ville ou à l'hôpital, et des établissements de soins médicaux et de réadaptation spécialisés en digestif, endocrinologie, diabétologie et nutrition.
Le niveau 3 est celui des CSO et des CHU, avec les structures qui leur sont associées par convention, dont les établissements équipés pour accueillir des personnes dont l'IMC dépasse 50.
Chaque niveau travaille en lien avec les précédents : on ne saute pas d'étage, on en ajoute un quand le précédent ne suffit plus.
Tout commence par une consultation où l'on parle d'obésité, avec ce mot-là.
Pas « j'aimerais perdre quelques kilos », mais « je pense être en situation d'obésité et je voudrais une prise en charge ».
La différence n'est pas une nuance de vocabulaire : elle déclenche un bilan que la HAS décrit précisément.
Votre médecin mesure votre poids et votre taille au cabinet (les chiffres déclarés sous-estiment le poids et surestiment la taille, c'est humain), calcule votre IMC et mesure votre tour de taille, qui renseigne sur le risque cardiaque.
Il prescrit un bilan sanguin : sucre à jeun, cholestérol, foie, et selon les signes d'autres examens. Il passe en revue vos médicaments, parce que certains font grossir (des antidépresseurs, des corticoïdes, des neuroleptiques), votre sommeil, vos douleurs, vos antécédents familiaux.
Il cherche les signes d'un trouble du comportement alimentaire, parce qu'un régime imposé à une personne qui souffre d'hyperphagie boulimique aggrave le trouble, et il s'intéresse à ce que vous avez vécu : la stigmatisation, les remarques, la honte d'aller chez le médecin, qui font partie de la maladie et que la HAS demande explicitement de prendre en compte.
Ensuite, il construit avec vous un projet de soins : des objectifs choisis ensemble, précis, atteignables et révisables, et il vous oriente selon vos besoins vers un diététicien, un psychologue, un enseignant en activité physique adaptée, un médecin spécialiste de l'obésité, ou directement vers une équipe spécialisée si votre situation est complexe.
Si cette consultation ne ressemble pas à ça, vous avez le droit d'en demander une autre, ou de consulter un autre médecin.
Les centres spécialisés de l'obésité sont adossés à des hôpitaux, publics ou privés, et le ministère de la Santé en compte 42, en métropole et en outre-mer.
Trente-sept ont été identifiés par les agences régionales de santé en 2011, dans le cadre du plan Obésité, et cinq se sont ajoutés depuis : deux en Picardie, un en Bretagne au CHU de Brest, un en Guyane et un en Corse, porté par la clinique Valicelli à Ocana.
Ces deux derniers territoires n'avaient jusque-là aucun centre. Leur mission, fixée par un cahier des charges national de septembre 2023, est d'assurer les soins dits « de troisième recours » pour les personnes en situation d'obésité sévère ou complexe, et d'organiser la filière obésité de leur région, avec les médecins de ville, les hôpitaux, les structures de rééducation et les associations.
Concrètement, un CSO s'adresse à vous si votre IMC dépasse 35, ou s'il dépasse 30 avec des complications (apnée du sommeil, diabète, hypertension, douleurs qui empêchent de bouger), des échecs répétés de prise en charge, un trouble du comportement alimentaire, un handicap, ou une situation sociale difficile.
C'est aussi le CSO qui organise les réunions de concertation pour la chirurgie de l'obésité, et qui prend en charge les obésités de causes rares, génétiques par exemple.
On n'y entre pas de sa propre initiative : il faut être adressé par un médecin.
Le plus souvent le médecin traitant, mais pas obligatoirement.
Dans mon cas, c'est le médecin qui me suivait pour mon apnée du sommeil qui m'a orientée vers le CSO du CHU de Montpellier, et je lui en serai éternellement reconnaissante.
Un endocrinologue, un cardiologue, un chirurgien, un psychiatre peuvent faire de même.
L'annuaire et la carte des CSO sont tenus par leur groupement national, qui recense les 42 centres et leurs 14 sites annexes, et la liste des CSO et des médecins habilités par département est sur ce site.
Le premier rendez-vous est une consultation médicale longue, avec un médecin nutritionniste ou un endocrinologue, qui reprend toute l'histoire du poids : quand ça a commencé, ce qui s'est passé à ce moment-là, les régimes, les médicaments, les opérations, le sommeil, la douleur, les crises alimentaires, le moral.
Puis viennent les examens que le CSO peut faire et que la ville ne peut pas toujours : mesure de la composition du corps, recherche d'une apnée du sommeil, bilan cardiaque, bilan hormonal, parfois recherche d'une cause génétique.
À la fin de ce bilan, l'équipe vous propose un programme, et c'est là que le CSO se distingue de tout ce que vous avez connu : on ne vous tend pas une feuille de régime, on vous présente une équipe.

Chaque professionnel du centre spécialisé de l'obésité a un rôle précis, et la Haute Autorité de santé a publié une fiche pour chacun d'eux. Le tableau résume ce que vous pouvez attendre de chacun.
| Professionnel | Ce qu'il fait avec vous |
|---|---|
| Médecin nutritionniste ou endocrinologue | Reprend toute l'histoire du poids, cherche les causes et les complications, coordonne le programme, réévalue à six et douze mois, initie si besoin le traitement médicamenteux ou prépare la chirurgie |
| Diététicien | Part de ce que vous mangez vraiment, de votre budget et de vos horaires, et reconstruit une alimentation tenable à vie, sans interdits ; repère les carences et les troubles du comportement alimentaire |
| Psychologue | Travaille sur le rapport au corps, la stigmatisation vécue, l'alimentation émotionnelle, l'estime de soi ; prend en charge l'hyperphagie boulimique, souvent par thérapie comportementale et cognitive |
| Enseignant en activité physique adaptée | Évalue ce que votre corps peut faire aujourd'hui, construit une reprise du mouvement progressive et sans danger, même avec des douleurs, un fauteuil ou un souffle court |
| Kinésithérapeute | Soulage les douleurs, travaille la marche, l'équilibre, la prévention des chutes, la respiration ; prépare et accompagne les séjours de rééducation |
| Infirmier | Fait le lien entre les professionnels, assure une partie du suivi et de l'éducation thérapeutique, répond entre deux rendez-vous ; en pratique avancée, il peut être votre référent de proximité |
| Assistant social | Ouvre les droits, aide pour le transport, le logement, le maintien dans l'emploi, la reconnaissance du handicap quand elle est justifiée |
| Chirurgien de l'obésité | Intervient seulement si la chirurgie est discutée, après réunion de concertation de l'équipe et une préparation d'au moins six mois |
Selon votre situation, le programme prend trois formes.
Des consultations espacées, quand la situation est simple.
Un hôpital de jour, où vous venez à la journée, une ou plusieurs fois par semaine, enchaîner les rendez-vous de l'équipe et les séances de groupe, puis vous rentrez chez vous le soir.
Ou un séjour en soins médicaux et de réadaptation (SMR, l'ancien nom est SSR), en hospitalisation complète ou en séjours courts répétés, dans un établissement spécialisé en nutrition, quand il faut une mise à distance du quotidien, une rééducation à la marche, ou des soins qu'on ne peut pas donner à domicile.
La HAS réserve ces séjours aux situations complexes et très complexes, et demande qu'ils soient décidés en réunion d'équipe, avec vous et avec votre médecin traitant, et préparés avant et après pour que les acquis tiennent au retour.
Alors oui, on peut « se faire hospitaliser pour maigrir », mais pas comme on l'imagine : ce n'est ni une cure ni un centre d'amaigrissement, c'est une hospitalisation sur prescription, pour soigner une maladie, avec un programme médical, et elle se prépare.
Pour ma part, le CSO du CHU de Montpellier m'a envoyée dans son centre dédié, Aurores Méditerranée, en hôpital de jour jusqu'à cinq jours par semaine, de novembre 2024 à juin 2025.
Diététicienne, psychologue, activité physique adaptée, kiné, médecin.
C'est intensif, et je ne dirai pas que j'étais ravie tous les matins d'y aller, mais c'est nécessaire, et j'y ai rencontré des personnes formidables qui vivaient les mêmes difficultés que moi. Se sentir moins seul fait partie du soin.
Le cœur d'un parcours en CSO, ce ne sont pas les examens, c'est l'éducation thérapeutique.
Derrière ce nom un peu administratif se cachent des séances, individuelles ou en groupe, où l'on apprend à comprendre sa maladie et à agir dessus :
reconnaître la faim et la satiété,
cuisiner avec son budget,
gérer une crise alimentaire,
reprendre une activité physique quand tout fait mal,
parler de son poids sans honte,
tenir quand la motivation baisse.
La HAS recommande des séances si possible mensuelles pendant six à douze mois, avec un suivi entre les séances, en présence ou à distance, et elle insiste sur un principe : renforcer la confiance en soi indépendamment de l'évolution du poids, et lutter contre les règles rigides que l'on s'impose ou qu'on nous impose.
C'est aussi là que se fixent les objectifs.
Pas un poids « idéal » sorti d'un graphique, mais un objectif personnalisé, et la HAS rappelle pourquoi il peut être modeste : une perte de 3 à 5 % du poids, maintenue, améliore déjà le taux de sucre et les triglycérides, et une perte de 5 à 10 % améliore la tension et le cholestérol et réduit le besoin de médicaments.
Pour une personne de 110 kg, 5 %, c'est 5,5 kg.
C'est atteignable, et ça compte.
Ce que le parcours cherche à éviter par-dessus tout, ce sont les variations de poids répétées, celles que provoquent les régimes, et dont j'explique le mécanisme dans l'article sur les raisons pour lesquelles les régimes ne marchent pas.
C'est la question qui bloque le plus de personnes avant même de commencer, alors voici les règles, poste par poste.
Les consultations chez le médecin traitant et chez les médecins spécialistes, ainsi que le bilan sanguin et les examens prescrits, sont pris en charge comme pour toute maladie, avec le reste à charge habituel selon votre mutuelle.
Tout ce qui se fait à l'hôpital, dans le cadre du CSO, en hôpital de jour ou en séjour de SMR, est pris en charge par l'Assurance maladie comme une hospitalisation : les consultations de la diététicienne, du psychologue, de l'enseignant en activité physique adaptée et du kiné y sont comprises.
C'est l'une des grandes forces du parcours hospitalier, et l'une des raisons pour lesquelles il vaut la peine de demander une orientation en CSO plutôt que de payer des consultations en ville.
En ville, c'est différent.
Les consultations de diététicien et les séances d'activité physique adaptée ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie ; certaines mutuelles les prennent en charge, en partie, et certaines villes ou maisons sport-santé proposent des séances à prix réduit.
Pour le psychologue, le dispositif Mon soutien psy permet jusqu'à douze séances par an chez un psychologue partenaire, à 50 € la séance, remboursées à 60 % par l'Assurance maladie et le reste par la mutuelle.
Les médicaments, enfin.
Depuis le 15 juin 2026, le Wegovy et le Mounjaro sont remboursés à 65 % pour les adultes dont l'IMC atteint 40, ou 35 avec au moins une maladie associée, après l'échec d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite d'au moins six mois, c'est-à-dire une perte de poids inférieure à 5 % du poids de départ.
Et c'est ici que le parcours et le remboursement se rejoignent : la première ordonnance remboursable doit être rédigée par un médecin spécialiste exerçant dans un CSO, un CHU ou un SMR spécialisé en nutrition, par un endocrinologue travaillant en lien avec un CSO, ou par le médecin coordinateur d'un parcours coordonné renforcé « obésité complexe ».
Le médecin traitant prend ensuite le relais pour les renouvellements.
Le médecin qui initie remplit un formulaire d'accompagnement que vous présentez au pharmacien à chaque boîte, et le détail du formulaire est dans cet article.
Autrement dit, entrer dans le parcours, c'est aussi ouvrir la porte du traitement remboursé si vous en avez besoin plus tard.
Le reste des conditions est détaillé dans l'article sur le remboursement du Wegovy et du Mounjaro.
La HAS fixe un rendez-vous clair : au bout de six à douze mois, le médecin réévalue la situation dans sa globalité.
Si les objectifs sont atteints, même en partie, le suivi s'allège.
S'ils ne le sont pas, il ne s'agit pas de recommencer la même chose plus fort. Il s'agit de chercher les facteurs de résistance à la perte de poids, de compléter les examens, d'adapter l'intensité des soins, et d'envisager la marche suivante.
Cette marche peut être un traitement médicamenteux, prescrit à l'initiative d'un médecin spécialiste de l'obésité ou d'un CSO, toujours associé au reste du parcours, jamais à sa place, et dont l'effet est réévalué après douze semaines.
Elle peut aussi être une chirurgie de l'obésité, que la HAS réserve aux adultes dont l'IMC atteint 40, ou 35 avec au moins une complication (apnée du sommeil, diabète, hypertension sévère, maladies articulaires invalidantes), après l'échec d'un traitement médical bien conduit de six à douze mois, et après une préparation d'au moins six mois avec l'équipe du CSO, qui décide en réunion pluridisciplinaire.
Une chirurgie n'est jamais une porte de sortie du parcours : le suivi continue à vie.

Je vous dois la fin de l'histoire, parce qu'elle explique mieux que n'importe quel guide à quoi sert un parcours en CSO.
Après six mois d'hôpital de jour, avec toute l'équipe, je n'avais pas perdu un gramme. Pas un.
J'avais un corps immobilisé par trois opérations du dos, sous traitement contre la douleur, en fauteuil roulant une partie du temps, et ce corps défendait son poids plus fort que ce que l'alimentation et le mouvement pouvaient faire.
Ce n'était pas un échec, ni le mien, ni celui de l'équipe.
C'était l'information dont le médecin du CSO avait besoin. Il m'a alors parlé traitement : injections ou chirurgie.
La chirurgie, j'avais déjà donné avec mon dos, et elle n'est pas toujours efficace.
Quand le moment est venu, j'ai accepté les injections : le Wegovy de juin 2025 à juin 2026, payé de ma poche, puis le Mounjaro, devenu accessible avec le remboursement, et mon IMC est passé de la case « obésité » à la case « surpoids ».
Mais le traitement seul n'aurait rien fait sans ce qui précède : depuis juin 2025, je vais à la salle de sport cinq fois par semaine et je mets en pratique ce que le CSO m'a appris.
Je ne souffre plus d'apnées du sommeil ni d'hypertension, et je n'ai plus besoin de mon fauteuil roulant. Le médecin du CSO me suit toujours et réévalue régulièrement ma situation et mon traitement.
Le parcours n'est pas fini, et c'est normal : c'est une maladie chronique, on la soigne dans la durée.
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant et dites-lui, avec ces mots, que vous souhaitez une prise en charge de votre obésité dans le cadre du parcours de soins recommandé par la HAS.
Apportez votre historique de poids, la liste de vos médicaments, et notez ce qui vous gêne au quotidien : le sommeil, les douleurs, l'essoufflement, les crises alimentaires, la honte.
Ce sont ces éléments qui définissent la complexité de votre situation, et donc le niveau de prise en charge auquel vous avez droit.
Si votre IMC dépasse 35, ou 30 avec des complications ou des échecs répétés, demandez une orientation vers l'équipe spécialisée ou le CSO de votre région, et vérifiez vous-même lequel c'est dans l'annuaire. Si votre médecin traitant hésite, un autre médecin qui vous suit peut vous adresser, comme mon pneumologue l'a fait pour moi.
Les délais d'attente existent, parfois plusieurs mois : prenez le rendez-vous quand même, et commencez en attendant ce qui peut l'être en ville, le sommeil, le mouvement, Mon soutien psy si vous en avez besoin.
Et si vous avez déjà tout essayé, dites-le aussi : dans le guide de la HAS, les échecs précédents ne sont pas une raison de vous refuser le parcours, ils sont l'un des critères qui le rendent prioritaire.
Ce qu'il faut retenir à propos du parcours de soins de l'obésité :
Le parcours de soins de l'obésité est organisé par la HAS en trois situations de complexité croissante ; le médecin traitant dépiste, fait le bilan, construit le projet de soins et oriente.
Les 42 CSO sont le troisième niveau de recours, pour l'obésité sévère (IMC de 35 et plus) ou complexe ; toutes les régions en ont au moins un, on y est adressé par un médecin, et l'annuaire est public.
Dans un CSO, l'équipe complète (médecin, diététicien, psychologue, activité physique adaptée, kiné, infirmier) travaille en consultations, en hôpital de jour ou en séjour de SMR, pris en charge par l'Assurance maladie.
Au bout de six à douze mois, tout se réévalue : allègement du suivi, traitement médicamenteux remboursé à 65 % depuis le 15 juin 2026 sur première ordonnance d'un médecin habilité, ou chirurgie pour les obésités les plus sévères.
Ne pas perdre de poids pendant le parcours n'est pas un échec : c'est une information qui ouvre la marche suivante.
Il commence chez le médecin traitant, qui mesure l'IMC et le tour de taille, prescrit un bilan, passe en revue les médicaments, le sommeil et les troubles alimentaires, puis construit un projet de soins avec vous. Selon la complexité de la situation, il vous oriente vers un diététicien, un psychologue, un enseignant en activité physique adaptée, un médecin spécialiste de l'obésité, ou vers un centre spécialisé de l'obésité (CSO) pour les formes sévères ou complexes. La Haute Autorité de santé prévoit une réévaluation complète au bout de six à douze mois.
Les consultations médicales et les examens sont remboursés comme pour toute maladie. Tout ce qui se fait à l'hôpital dans le cadre d'un CSO, en hôpital de jour ou en séjour de soins médicaux et de réadaptation, est pris en charge comme une hospitalisation, consultations de diététicien, de psychologue et d'activité physique adaptée comprises. En ville, le diététicien et l'activité physique adaptée ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie, mais parfois par la mutuelle ; le psychologue l'est via Mon soutien psy, à hauteur de douze séances par an. Le Wegovy et le Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026, sous conditions d'IMC, d'échec d'une prise en charge nutritionnelle de six mois et de première ordonnance par un médecin habilité.
Oui, mais sur prescription et pour soigner une maladie, pas dans un centre d'amaigrissement. Deux formes existent : l'hôpital de jour, où vous venez à la journée dans un CSO ou un hôpital pour enchaîner les rendez-vous de l'équipe, et le séjour en soins médicaux et de réadaptation spécialisés en nutrition, en hospitalisation complète ou en séjours courts répétés. La HAS réserve ces séjours aux situations complexes, décidés en réunion d'équipe avec vous et votre médecin traitant, et préparés avant et après pour que les résultats tiennent au retour à la maison.
La chirurgie de l'obésité ne se décide pas sur un poids mais sur l'IMC : 40 et plus, ou 35 et plus avec au moins une complication (apnée du sommeil, diabète de type 2, hypertension sévère, maladies articulaires invalidantes). Elle est réservée aux adultes, après l'échec d'un traitement médical bien conduit pendant six à douze mois, et après une préparation d'au moins six mois avec l'équipe d'un centre spécialisé, qui prend la décision en réunion pluridisciplinaire. Le suivi se poursuit ensuite à vie.
Il faut être adressé par un médecin : le médecin traitant le plus souvent, mais aussi tout médecin qui vous suit (pneumologue pour une apnée du sommeil, endocrinologue, cardiologue, psychiatre). Les CSO s'adressent aux personnes en situation d'obésité sévère (IMC de 35 et plus) ou complexe (IMC de 30 et plus avec complications, échecs répétés, trouble du comportement alimentaire, handicap ou difficultés sociales). L'annuaire des 42 CSO est tenu par leur groupement national, sur obesitefrance.fr, et les délais d'attente peuvent atteindre plusieurs mois.
Le bilan initial prend quelques semaines. Le programme de prise en charge dure au minimum six mois, souvent un an, avec des séances d'éducation thérapeutique si possible mensuelles. Ensuite, le suivi se poursuit dans la durée : au moins mensuel pendant un à deux ans dans les situations complexes, à vie dans les situations très complexes, en s'espaçant selon l'évolution. L'obésité est une maladie chronique, le parcours ne s'arrête pas quand le poids baisse.
Pas obligatoirement par un CSO, mais par un médecin habilité : un spécialiste en endocrinologie, diabétologie ou nutrition exerçant dans un CSO, un CHU ou un SMR spécialisé en nutrition, un endocrinologue travaillant en lien formalisé avec un CSO, ou le médecin coordinateur d'un parcours coordonné renforcé « obésité complexe ». Seule cette première ordonnance, accompagnée du formulaire d'accompagnement, ouvre le remboursement à 65 %. Le médecin traitant assure ensuite les renouvellements.
Redemandez en citant le guide du parcours de soins de la HAS, qui prévoit l'orientation vers une équipe spécialisée dès que la situation est complexe, et en rappelant que les échecs précédents sont un critère de complexité, pas un motif de refus. Si rien ne bouge, un autre médecin qui vous suit peut vous adresser au CSO, et vous pouvez consulter un autre médecin traitant. Un endocrinologue ou un médecin nutritionniste en ville peut aussi faire le lien avec le CSO de votre région.
Il existe 42 CSO, en métropole et en outre-mer, attachés à des hôpitaux publics ou privés, et chaque région en compte au moins un. Trente-sept ont été identifiés en 2011, et cinq se sont ajoutés depuis : deux en Picardie, un au CHU de Brest, un en Guyane et un en Corse, porté par la clinique Valicelli à Ocana. Certains CSO travaillent aussi avec des sites annexes ou des centres partenaires plus proches de chez vous, comme le CSO de Montpellier avec Aurores Méditerranée. L'annuaire officiel et la carte sont sur obesitefrance.fr.
Dans un CSO, en hôpital de jour ou en SMR, oui : ils font partie de la prise en charge hospitalière. En ville, les consultations de diététicien ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie ; certaines mutuelles les prennent en charge en partie. Pour le psychologue, le dispositif Mon soutien psy rembourse jusqu'à douze séances par an chez un psychologue partenaire, à 50 € la séance, 60 % par l'Assurance maladie et le reste par la mutuelle.
Ce n'est pas un échec, c'est une information. La HAS demande alors de rechercher les facteurs de résistance à la perte de poids, de compléter les examens, d'adapter les soins, et d'envisager un traitement médicamenteux ou, pour les obésités les plus sévères, une chirurgie, toujours avec l'équipe et en gardant le reste du parcours. Après six mois de prise en charge sans perte de poids, l'échec de la prise en charge nutritionnelle est d'ailleurs l'une des conditions du remboursement du Wegovy et du Mounjaro.
Les « centres d'amaigrissement » commerciaux ne sont pas remboursés et ne font pas partie du parcours de soins. Ce qui existe et qui est pris en charge, ce sont les séjours en soins médicaux et de réadaptation spécialisés en nutrition, sur prescription, dans le cadre d'un parcours coordonné avec votre médecin et, pour les situations complexes, avec un CSO. Le programme y est médical : équipe complète, éducation thérapeutique, activité physique adaptée, et préparation du retour à domicile.
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